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LIRE ENTRE LES LIGNES NUM RO 10 La reine Christine n'abdique pas Pourquoi les Guignols n'aiment pas les m dias Andr Comte-Sponville Le journalisme pousse la m diocrit Lambert Wilson Je ne suis pas un dandy LE N 10 DISPONIBLE D S LE 21 SEPTEMBRE 2006 TRIMESTRIEL / SEPTEMBRE 2006 / 4 90 / 7 95 $ CAN / 9 80 CHF / 5 25 DOM IMPRIM EN FRANCE AU SOMMAIRE Vie publique La reine Christine n'abdique pas Sur le m tier crit ou t l visuel sur l' ignorance consternante du monde en France sur le triomphe de la simplification Christine Ockrent ne m che pas ses mots. De quoi parle-t-on On peut commencer par la Belgique... vous propose la nationalit fran aise vous d clinez... A la diff rence de mon ami Albert du Roy oui j'ai d clin par fid lit la m moire de mon p re. Quand avez-vous commenc t moigner de l'int r t pour les m dias La Belgique ... Oui. Votre p re tait un diplomate belge. Quels journaux lisait-on en famille La Libre Belgique Le Soir Oh! adolescente lorsqu'on commence regarder autour de soi. Quel tait alors votre m dia de pr dilection J'ai quitt Bruxelles quand j'avais neuf ou dix ans et franchement je n' tais pas encore papivore ! Mon p re qui avait dirig le cabinet de Paul-Henri Spaak avait t l'un des hommes du plan Marshall pour la Belgique et avait t nomm ambassadeur l'OECE -- devenue l'OCDE. Nous sommes venus Paris lorsque j' tais enfant et les souvenirs de ce d racinement et de cette transplantation n' taient pas du tout des souvenirs de presse. Vous dites d racinement ... Le Monde tait videmment une habitude familiale. Honn tement je ne peux pas dire qu'il me fascinait. Vous aviez d j un plan de vie Aucun. Je n'en ai d'ailleurs toujours pas. Je suis contre les plans. Surtout dans notre m tier. Pourtant choisir Sciences Po a y ressemble. Vous aviez bien une id e en t te Non... J'ai choisi Sciences Po par go t pour les affaires internationales et par tradition familiale. Mais sans id e pr cise. Ce sont les hasards la chance les rencontres qui m'ont fait abandonner la bourse que j'avais obtenue pour la Kennedy School Harvard. J'avais d croch un stage de trois semaines NBC News Paris j'y suis rest e j'ai laiss tomber la bourse puis j'ai pu rejoindre CBS News et le magazine Sixty Minutes o j'ai fait mes classes... Gr ce cette exp rience vous avez une vision un peu distanci e des m dias am ricains m me si vous semblez aussi nourrir une certaine r v rence leur gard... Avec un peu d'ironie... Pourtant quand Gaston Deferre 18 ENTRETIEN R ALIS PAR EMMANUELLE DUVERGER JEAN-BAPTISTE ROQUES ET PIERRE VEILLETET - PHOTOS MARC RIBOUD Portfolio Le portfolio a t r alis avec le soutien du 01 42 74 30 60 / jeu-de-paume.vigny@culture.gouv.fr Page de gauche : Carole Bouquet 1995. Ci-contre : Mich le Morgan 1950 CR DIT PHOTOS : MICHELE MORGAN BRIGITTE BARDOT LEO FERRE ROMY SCHNEIDER HARRY BAUR LUIS MARIANO ISABELLE HUPPERT - STUDIO HARCOURT MINISTERE DE LA CULTURE - FRANCE CAROLE BOUQUET LAETITIA CASTA JEAN RENO PATRICK TIMSIT FRAN OIS CLUZET - PAA/STUDIO HARCOURT 71 Le grand entretien Le journalisme pousse la m diocrit Je n'aime pas mon poque. Pourquoi m'aimerait-elle Andr Comte-Sponville n'a jamais t un nouveau philosophe. On pourrait m me dire qu'il philosophe l'ancienne. A la recherche d'une morale la que. Quant aux m dias l'auteur du Petit trait des grandes vertus en attend simplement qu'ils disent la v rit . ENTRETIEN R ALIS PAR EMMANUELLE DUVERGER ET ROBERT M NARD PHOTOS ISABELLE NEGRE V Vous tes un philosophe m diatique. Les gens vous connaissent. Est-ce important pour vous COMTE-SP ONVILLE ANDR Quand vous dites les gens vous connaissent c'est la version gentille de la chose : cela peut vouloir dire que je suis un philosophe connu. Ce n'est pas tr s important mais pas tout fait n gligeable non plus. Je suis content que mes livres soient lus. L'autre sens du mot m diatique signifierait que je suis un philosophe qui n'est connu que parce qu'il passe dans les m dias ce qui est beaucoup moins sympathique ! C'est une esp ce d'ambivalence laquelle beaucoup d'intellectuels sont confront s : il n'y a aucune raison de refuser de passer la t l vision ou la radio -- c'est une fa on de se faire lire -- mais du coup les gens ne vous jugent plus par rapport aux livres que vous avez crits mais au regard de vos passages t l visuels. Ce qui me fait fantasmer -- m me si c'est videmment absurde -- c'est ce qu'auraient pens de mes livres Aristote Montaigne ou Pascal ou ce qu'on en dira dans deux ou trois si cles. Etre per u comme m diatique au sens t l visuel du terme je trouve a d sagr able. Et un peu injuste : il y a un paradoxe pr tendre r duire trente ans de travail et quatre mille deux cent cinquante-quatre pages de philosophie -- j'ai fait le compte -- quelques heures de t l vision ! On vous voit moins la t l . On m'y invite de moins en moins... Du temps du Petit trait des grandes vertus on me demandait sur toutes les cha nes. C'est l' poque o je passais pour le plus m diatique . Et pourtant je n'ai jamais refus autant d' missions -- peu pr s deux sur trois! Aujourd'hui si l'on m'en propose trois par an c'est un maximum. J'ai donc moins besoin de refuser... Cela dit depuis que Pivot et Polac ont arr t de faire de la t l vision il n'existe plus d' mission o l'on peut vraiment parler de philosophie. A l' poque on pouvait se lancer dans une intervention de cinq ou dix minutes sans que l'animateur se dise : Mon dieu a va zapper ! Aujourd'hui essayez de parler dix minutes sans tre interrompu dans une mission de plateau vous m'en direz des nouvelles. Et comment faire de la philosophie en moins de dix minutes Avez-vous t bless par certaines critiques vous r duisant un philosophe populaire Vous connaissez la formule de Diderot : H tons-nous de rendre la philosophie populaire ! C'est ce qu'il a fait comme d j Montaigne ou Descartes et que j'ai essay de poursuivre. Est-ce que a veut dire que Montaigne Descartes ou Diderot ne sont pas de vrais philosophes Bien s r que non ! Mes col- 91 Informations compl mentaires et contact presse : 01 55 43 96 76 contact@revue-medias.com La reine Christine n'abdique pas : Christine Ockrent pousse un coup de gueule contre la suffisance des m dias fran ais le triomphe de la simplification et les journaux t l vis s qui lui corchent les oreilles ... Lambert Wilson peste contre les petites fiches des animateurs t l d nonce sa fausse image v hicul e par la t l vision et nous affirme : Je ne suis pas un dandy. Au sommaire galement un article sur Les Guignols de l'info qui ne ratent pas une occasion de d zinguer les m dias ainsi qu'une interview d'Ariel Wizman qui reproche aux journalistes... de ne plus savoir crire. On trouvera encore dans ce num ro 10 un quiz qui vous aidera tester votre niveau pour devenir journaliste un portfolio sign par le Studio Harcourt et un entretien avec Elisabeth L vy qui nous explique pourquoi elle a t remerci e par France Culture. Et encore une pr sentation du r le des m diateurs de presse une analyse du succ s du journal Le Parisien et de la radio RMC et en grand entretien l'interview du philosophe Andr Comte-Sponville qui nous met en garde : Le journalisme pousse la m diocrit ! Et toujours les cartes blanches avec Alain R mond David Abiker Edwy Plenel et Ollivier Pourriol. Mise en vente : jeudi 21 septembre 2006 100 pages 4 90 euros. Chez les marchands de journaux en librairie et par abonnement. revue trimestrielle de r flexion et de d bats. Une publication grand public pour d crypter l'information et en visiter les coulisses. Du journalisme sur l' tat du journalisme.
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